Sauvons Première!

Aujourd’hui, la digitalisation de la presse ne cesse d’évoluer et les versions papiers commencent à disparaitre. 43% des gens qui lisent la presse, le font sur leur tablette ou sur internet. Heureusement, plus d’un lecteur trois lit le titre digital ainsi que le titre papier. Par exemple, Le Figaro s’est complètement digitalisé tout en gardant sa version papier.

Il y a plusieurs mois, Lagardère Active a décidé de céder plusieurs magazines dont le Pariscope et Première.

Première est un magazine français qui renseigne les aficionados de cinéma et d’audiovisuel tous les mois et son équipe n’abandonne pas la lutte. Après plus de quinze ans de fidélité au mensuel cinématographique, les fidèles sont décidés à se battre jusqu’à ce qu’un repreneur fasse son apparition. Depuis cette décision, une communauté de soutien au magazine s’est développée, notamment grâce aux réseaux sociaux. Le groupe Facebook “Sauvons Première” atteint aujourd’hui presque 4000 likes. De même, le hashtag Twitter du mouvement de soutien #SauvonsPremiere est de plus en plus mentionné dans les tweets: tout le monde est concerné!

On en vient tout de même à se demander si l’avenir de la presse a tout son avenir sur internet ou si le format papier a toujours une raison d’exister!

Christophe Narbonne (@chris_narbonne), un des journalistes du mensuel, revient sur la situation.

Vous êtes journaliste chez Première, comment interprétez-vous la menace de la disparition du magazine ? Est-ce un problème de contenu ou autre chose ?

Christophe Narbonne: “C’est surtout un problème de publicité. Première est toujours leader sur son segment, avec plus de 100 000 lecteurs mensuels. Ce chiffre n’a pas trop bougé ces dernières années, tandis que celui de la pub, qui est un peu le nerf de la guerre, n’a fait que baisser. C’est un problème que connaissent la plupart des titres de presse.”

Par qui Première voit-il son existence menacée ?

C.N.: “Je vais répondre des banalités. Par la presse gratuite, par Internet, par les magazines et journaux généralistes… Tout le monde parle de cinéma aujourd’hui, que ce soit sur un mode cinéphilique ou people. Il est difficile d’exister fortement dans un tel environnement concurrentiel.”

Comment pensez-vous pouvoir vaincre l’opposition ?

C.N.: “En investissant dans le journal, ce qu’on attend du prochain repreneur. Il faut imposer une vision forte du cinéma, sur le fond et sur la forme. Des moyens, humains et structurels, sont nécessaires.”

Continuez-vous la publication comme si de rien n’était ?

C.N.: Il faut bien. On est payés pour ça.

Pensez-vous que cela à avoir avec son aspect culturel et particulièrement cinématographique ? Pensez-vous que d’autres magazines vont suivre ?

C.N.: “Je suis mal placé pour parler des autres cas, mais on entend que ça va mal partout.”

Avez-vous pensé à remanier totalement la structure du magazine pour le sauver ?

C.N.: “On n’en est plus là. Les nouvelles formules se sont succédées au fil des ans. Là, nous sommes victimes d’une décision unilatérale du groupe Lagardère.”

Y’a-t-il des racheteurs ?

C.N.: “Alain Kruger, ancien directeur de la rédaction dans les années 90, est en négociation avec Lagardère. D’autres sont aussi sur les rangs.”

Pensez-vous que cela peut déteindre sur le cinéma lui-même ?

C.N.: “La disparition de titres comme Première ou Studio CinéLive serait certainement préjudiciable à l’industrie qui n’aurait plus beaucoup de supports pour défendre ses films fragiles ou “difficiles” qui nécessitent une pédagogie et une analyse apportées par ces titres.”

Avant vous, d’autres journaux ont disparu comme France Soir, News Week et récemment La Tribune, pensez vous que ça va s’arrêter ou que la presse est réellement en danger ?

C.N.: On voit que la presse se porte mal. De grands titres comme Libération, Le Monde L’Obs’, L’Express ou Le Point préparent des plans sociaux ou en ont déjà exécuté… C’est un peu comme la sidérurgie il y a 30 ans: un secteur qui subit de plein fouet l’émergence de nouvelles technologies et de nouvelles habitudes de consommation. Il faut s’adapter, trouver des alternatives ou mourir.

Je vous invite donc à liker la page Facebook Sauvons Première et aussi à soutenir le mouvement sur Twitter, #SauvonsPremiere!

Propos recueillis par Nina Lecourt-Neuman

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