Avec Weekend Affair, la Fête n’est pas du tout finie

Weekend Affair, c’est l’alliance de Cyril Debarge et Louis Aguilar. Même si Louis prête sa voix et Cyril s’occupe plutôt des arrangements musicaux, les deux protégés de Yuksek travaillent main dans la main depuis plusieurs années pour nous offrir une musique pure, pleine d’émotions et de souvenirs.

Après Welcome To Your Fate, un premier album chanté dans la langue de Shakespeare, leur deuxième album, Du Rivage, est sorti le 2 février dernier chez Play It Loudly Records. Comme un album ne vient pas sans quelques petites histoires, Cyril et Louis se sont confiés sur leur travail.

Weekend Affair
Cyril Debarge et Louis Aguilar – Source: @weekendaffair / Instagram

Comment vous êtes vous rencontrés et comment a démarré l’expérience Weekend Affair?

Louis : Nous faisions tous les deux partie de la scène musicale Lilloise lorsqu’on s’est rencontrés. C’est une ville moyenne et la plupart des musiciens se connaissent. À force de se croiser et de se recroiser en diverses occasions, nous en sommes venus à discuter. J’aimais bien le projet de Cyril, We Are Enfant Terrible, et un jour, alors que je vivais aux Etats Unis, je lui ai envoyé un message pour lui dire. On ne pensait pas vraiment faire de la musique ensemble à l’époque. C’est un soir où je jouais dans un bar qu’il est venu me voir en me disant qu’il bossait sur de nouvelles choses et qu’il aurait bien essayé quelque chose avec ma voix. Ça a tout de suite collé, même si les premières séances de travail ont demandé un peu d’adaptation. Maintenant, bien qu’on mélange un peu plus les postes comme sur ‘La Fête Est Finie’, pour lequel j’ai proposé la musique, c’est essentiellement Cyril qui produit les instrus et ensuite j’ajoute un texte et le chant. Sur scène, je suis au chant et à la basse quand Cyril joue de la batterie et fait des acrobaties.

Très vite, Yuksek vous a pris sous son aile et co-produit votre musique chez Partyfine. Comment s’est créée cette collaboration?

Cyril : Avec mon premier groupe We Are Enfant Terrible, on avait fait la 1ère partie de Yuksek en 2012. Dans les loges, on avait sympathisé. Je l’avais laissé gagner notre partie de bras de fer improvisée, il était content. Bien plus tard, le 23 décembre 2015 à 10h30 pour être précis, j’ai reçu ce SMS de Pierre Alexandre : ” Hello Cyril, je ne connaissais pas Weekend Affair, j’ai découvert à la radio hier et c’est vraiment génial, franchement bravo, si vous cherchez un label, même juste pour un EP, je serais hyper chaud. Joyeuses fêtes, bise P”. Et Dieu merci, je n’ai jamais changé le numéro de téléphone que je lui avais donné à la soirée ‘bras de fer’. On venait de finir les démos de ‘Duel’ part 1 et 2 quelques jours plus tôt. On s’est retrouvés en studio en janvier, l’entente humaine et artistique est totale, c’est assez rare à vrai dire. L’EP ‘Duel’ sortait en mai 2016. Un alignement de planètes parfait !

Quelles sont vos inspirations pour la composition de vos morceaux?

Louis : Cet album a surtout une odeur. Il sent la fin de l’été, l’aube sur la plage, la fin de soirée et les draps sales.

Cyril : Pour amorcer la création, j’ai décidé de commencer toutes mes séances de travail par de longues séances de congas, pour être une ambiance musique tropicale. Même s’il n’y en a pas à tous les morceaux, l’esprit du conga est bien là.

J’ai un rapport très émotionnel à la musique et je peux vite me sentir entrain de me noyer dans un morceau par exemple. – Louis Aguilar

On sent une sorte de nostalgie pour la musique des années antérieures dans vos paroles comme dans la musique, une sorte de Spleen à la Baudelaire. Une voix, une belle mélodie, un peu comme le ferait Gainsbourg ou aujourd’hui, Biolay. Une volonté de ramener un peu de passé dans le présent?

Louis : C’est vrai qu’il y a une certaine nostalgie dans cet album, mais je ne cherche pas à refaire ce qui a été fait. Je trouve qu’un texte dans une chanson doit avoir autant de place que la musique. Il faut que chaque élément trouve sa place pour que l’auditeur puisse fermer les yeux et se laisser flotter sur les histoires que l’on raconte. J’ai un rapport très émotionnel à la musique et je peux vite me sentir entrain de me noyer dans un morceau par exemple. Tout est question d’équilibre et c’est ce que l’on a essayé de faire dans ce disque. C’est ce que l’on essaye de faire en général d’ailleurs.

Cyril : Même si on essayait de “baliser” l’espace de création, une fois lancés, nous n’avons pas d’intellectualisation des grilles d’accords ou des mots. Tout ça vient naturellement sans être filtré. C’est une fois que le tout est terminé qu’on arrive à apprécier de qui a été fait.

Le groupe s’appelle Weekend Affair et toutes les musiques parlent de relations amoureuses, en lien avec votre nom comme “Descends” ou “L’indécise”. Est-ce volontaire? 

Louis : On a créé le groupe comme un side project à la base et cela nous donnait parfois l’impression de faire des infidélités à nos projets musicaux respectifs. Le nom découle de cela. Ensuite, les relations amoureuses forment un thème assez récurrent dans nos chansons car c’est un sujet assez cinématographique à mon gout. On peut y trouver le plus grand des bonheurs comme l’enfer sur terre. Tout ce qui se trouve entre ces deux points peuvent être le sujet de chansons ! (rires)

Cyril : Même si je n’écris pas ou très peu les paroles, parfois les personnages amoureux de nos chansons peuvent être des excuses pour décrire un endroit ou un moment de vie.

Ca m’a fait comme ta meilleure amie qui rentre de chez le coiffeur en ayant changer de couleur de cheveux. – Cyril Debarge

Votre dernier clip “La fête est finie” est sorti le 1er février et porte un message fort à travers la vie de cet homme qui n’est clairement plus heureux de sa vie. Comment avez-vous eu l’idée de ce sujet et pourquoi le mettre en image à travers cet homme qui est différent de vos autres clips?

Cyril : On a toujours eu beaucoup d’implication dans l’écriture et même la réalisation de nos clips. Mais avec la sortie de l’album, on avait vraiment trop de travail et un énorme manque d’objectivité sur ce qu’on faisait. On a donc proposé le titre à un ami réalisateur Quentin Tavernier et d’un coup d’un seul, tout le scénario s’est écrit dans sa tête. C’est une lecture du titre qui n’est pas celle qu’on avait en tête mais c’est la force de ce titre. Il peut se comprendre de mille façons. On est très contents de la vision de Quentin. On a d’ailleurs pu inviter plein de gens qu’on aime dans le clip. On y voit mon père, ma copine et des bons copains.

Il y a énormément de solitude dans votre musique: “L’indécise”, “I Walk Alone” et toujours cet homme seul comme s’il se parlait à lui même. D’où est venue cette thématique? 

Louis : C’est souvent dans les moments de solitude que j’écris le plus. Pas que je me sente trop seul la plupart du temps, je suis assez bien entouré, mais j’ai tendance à passer beaucoup de temps tout seul quand je peux. Ces chansons sont comme des lettres à soi-même, parfois envoyées un peu tard.

Votre album Du Rivage sort demain, et vous avez abandonné l’anglais et les sons électroniques pour des paroles en français et un rythme plus simple, innocent. Qu’est-ce qui a motivé ce choix artistique?

Louis : Pour ce qui est du passage au français, c’est une envie motivée par le goût du risque. C’est un terrain tellement glissant que celui de l’écriture que je ne m’y étais pas risqué jusque là. Mais après deux EP et un album en anglais, j’avais envie d’essayer quelque chose d’autre.

Cyril : Je me rappelle de la 1ère fois ou j’ai découvert que Louis avait posé des textes en français. Ca m’a fait comme ta meilleure amie qui rentre de chez le coiffeur en ayant changer de couleur de cheveux.

Que représente cet album pour vous?

Louis : Pour moi c’est une sorte de strip tease. C’est un peu dansant, un peu sexy, mais à la fin on est quand même tout nu.

Cyril : Je vais être un peu plus terre à terre que mon copain Louis. Mais pour moi, c’est un peu une résurrection. On ne savait plus quoi faire avec notre son et Yuksek est apparu, Louis chantait en français et j’explorais des méthodes de création qui allaient s’avérer hyper intéressantes par la suite.

Vous avez des paroles très crues, très honnêtes, sans retouches. Vous utilisez beaucoup le pronom personnel “tu” comme si vous vous adressiez à quelqu’un… ou à vous-même, comme à un alter ego? 

Louis : C’est un peu tout ce qui me passe par la tête, j’ai tendance, c’est vrai, à écrire en m’adressant à quelqu’un comme si j’écrivais une lettre. C’est peut être ce qui donne cet aspect très direct dans les textes aussi. Il ne s’agit pas vraiment de faire passer un message en particulier, mais plutôt de raconter des histoires sans chercher l’omniscience dans la narration. La deuxième personne du singulier se prête assez bien à cet exercice.

Quels sont vos plans pour les mois à venir? 

Louis : J’espère pouvoir faire le plus de concerts possible car c’est vraiment ce dont j’ai besoin en ce moment après plus d’une année de travail sur le disque. Sinon on a un peu commencé à écrire le suivant. (rires)

Cyril : On vient de la culture café concert, on compte par centaines les concerts de nos projets respectifs. Je ne me trompe pas si je dis que la scène est une seconde peau et qu’on a hâte d’y retourner.

Weekend Affair concert
Louis Aguilar et Cyril Debarge – Crédit photo: @ Emmanuel Poteau

Ils commencent donc par un concert à Paris le 15 février 2018 au Hasard Ludique.

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