Joe Fox / L’étoile rare au coin d’une rue

Nom de scène ou nom de naissance, il n’y a pas de doute, Joe Fox porte bien le sien. Fox, comme un renard. Comme une apparition furtive au coin de la rue. Celle de Londres, loin des grattes-ciels et de la City. Là où les airs se chantent à ciel ouvert, près de la Tamise ou de Lloyds Parc.

Ses mélodies rappellent Dylan et McCartney, les grands dont il s’inspire à la lisière de l’aube pour mieux nous en parler, car ses paroles sont des poèmes. Un hommage qui racontera la vie d’artiste. Celle simple qu’il s’est choisie au bout de la nuit, après l’enfance avec sa mère et sa petite soeur dans un refuge à la campagne.

Sa différence avec tant d’autres? C’est sa voix, son grain. Une pâte unique, qui se teint de blues au rythme de la guitare qu’il ne quitte pas. Une guitare folk, humble et acoustique, sans artifices qu’il gratte d’une main agile de corde en corde. Il vous jouerait les Kinks à tout jamais, puis Bob Marley et puis Bowie. Mais ce qui le distingue le plus c’est ses chansons. Il les écrit d’un coup, sans crier gare, parce qu’elles lui viennent comme un besoin. Une impulsion qu’il faut nourrir et transcrire vite pour qu’elle lui reste. Il les chantait au coeur de la grande ville, là où la chance l’a empoigné pour l’entrainer dans son sillage.

Sweet Song – Joe Fox

La chance d’une vie, d’une bonne fortune insoupçonnée que Fox a, sans le savoir, saisie le long de Dean Street en 2014. C’est là que le prodige, alors sans domicile, jouait pour les passants en échange de quelques pièces, d’un peu d’argent. Parmi les spectateurs, se trouve le rappeur Asap Rocky, alors en plein enregistrement de son prochain album. Il est 4 heures du matin et l’Américain n’en revient pas. Il est en quête d’inspiration pour “At. Long. Last. Asap.” et offre au jeune homme de revenir avec lui. Au studio, les morceaux s’enchaînent et Joe Fox y contribue à neuf reprises. Son nom figure dans presque tout l’album.

Pharsyde – Asap Rocky (feat Joe Fox)

La collaboration est une aubaine et en dit long sur son talent. Un sens des mots et de la musique qu’il a appris seul. Avec la gratte de ses copains, puis la sienne. Celle qu’il a achetée pour rien, £20 en occasion. Une touche unique, qui ne manque pas d’être remarquée. Alors qu’il participe à la tournée d’Asap Rocky en 2015 il signe chez AWGE, puis chez Blue Flowers / Island Records. Suivra ensuite la sortie d’Acoustic Alley Sessions en 2017 dans la même veine que tout ce qu’il fait. Quelque-chose de vrai et d’authentique qui change de tout ce qui passe à la radio ou dans les bars. Joe Fox n’a pas d’auto-tuner et ça lui ressemble.

Aftershow – Joe Fox

L’album est une pépite, une petite perle à savourer longtemps comme une dragée. Mais le chanteur n’est pas en reste. Il joue beaucoup, seul ou accompagné d’autres artistes. Il s’est notamment joint à Cosmo Pike en mars dernier pour un concert dans l’Est de Londres. Un art de la collaboration qu’il continue à entretenir et qu’il sublime d’ailleurs dans la version de “What’s the Word” où figure Nas, un nom incontournable du rap US, que des artistes comme Lauren Hill ou DJ Shadow n’hésitent pas à emprunter pour un single ou une tournée.

Ses chansons parleront d’elles-mêmes, mieux que des mots ou de longues phrases. À 25 ans, Joe Fox est une rareté. Un vrai artiste, qui parle d’une vie comme d’un roman. Une aventure à la James Joyce dans le décor d’un Londres nouveau, plein d’espérances!

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