INTERVIEW – After Marianne se met à nue

Le monde d’After Marianne est mystérieux. Né d’un mélange de deux chansons que Matilda écoutait beaucoup il y a quelques années, “After The Storm” de Mumford and Sons et “Marianne’s Son” de First Aid Kit, ces français nous invitent dans leur monde aux milles merveilles.

“J’aimais bien l’idée de la présence d’un prénom féminin qui ne soit pas le mien” – Matilda

Après un concert sans fausse note aux Trois Baudets en mars dernier, Matilda, Augustin, Léo, Théophile et leur batteur Gaël se sont donc livrés à nous. Dans les coulisses d’un rêve devenu réalité.

Farouche : Comment vous-êtes vous tous rencontrés et quand ?

Mathilda : On s’est tous rencontré à Toulouse en 2013. Mais ça fait réellement deux ans que le projet existe vraiment. J’avais l’idée de faire After Marianne depuis quelques temps mais je n’arrivais pas à trouver les gens avec qui concrétiser tout cela. Puis j’ai rencontré Augustin, Théo & Léo qui ont bien voulu essayer de donner vie à tout ça. Musicalement, ça collait parfaitement. Aujourd’hui, nous avons un nouveau batteur, Gaël, qui joue également dans les jolis projets que sont Omoh & Marie-Flore.

Vous chantez en anglais comme en français, qu’est-ce qui motive vos choix ?

Mathilda : L’essentiel, je crois, c’est d’avoir vraiment le besoin de dire ce que l’on chante, dans n’importe quelle langue. À la base, j’écrivais en anglais très honnêtement car c’est assez effrayant de chanter en français, de rendre les mots encore plus accessibles. Je trouvais ça presque impudique. Puis, dans After Marianne, nous avons vraiment cette culture de groupes anglophones dont on s’inspire plus ou moins consciemment. C’est un cap à franchir, et c’est vrai que maintenant que l’on a essayé et que les retours sont généralement assez positifs – il y a une vraie attention particulière sur les morceaux en français pendant le live -, on l’assume plus et on y prend vraiment goût.

Vous avez fait un duo avec Julien Doré. Comment cela s’est-il passé et pourquoi l’avoir choisi parmi d’autres artistes ?

Mathilda : J’ai régulièrement des lubies. Julien en était complètement une. J’ai toujours bien aimé son travail et sa voix. On composait le morceau “Love is Just a Game” et je ne voulais pas et n’arrivais pas à chanter sur le second couplet. Je disais aux garçons que ce n’était pas à moi de chanter à ce moment là, que ça serait génial que Julien le fasse. Je l’entendais déjà poser sa voix dessus. Après de nombreuses moqueries de leur part, qui étaient assez justifiées puisque la situation semblait improbable sans que je m’en rende compte, je lui ai écrit et il a accepté. Il a été très bienveillant et j’ai beaucoup appris de lui et de Christophe avec qui nous avons également travaillé. Les deux m’ont beaucoup encouragée à assumer le fait de chanter en français.

Il est comment Christophe, alors ? 

Mathilda : Incroyable rencontre. Née d’une autre lubie ! On adore l’idée de featuring dans chaque disque, et de partager une chanson, un univers, avec d’autres artistes que l’on affectionne particulièrement. Ce morceau, “Lead or Feather”, est complètement nocturne. On voulait la poésie de Christophe et cette voix si particulière. On l’a rencontré, il a accepté de chanter. Il a même tenu à faire des choeurs sur le morceau “Nous ne vieillirons pas Ensemble”, qui est son morceau préféré de l’EP. On le voit très très régulièrement. C’est vraiment devenu un ami et on a beaucoup de chance de l’avoir si proche de nous.

Passons aux voix féminines. Il y a quelque chose de féérique dans la voix de Mathilda, est-ce pour cela que les voix masculines restent toujours dans le background?

Augustin : La voix de Mathilda est volontairement centrale en effet. Sa particularité fait qu’elle n’a pas besoin de choeurs pour la doubler, elle se suffit à elle-même. Il est assez rare que les voix masculines du groupe la rejoignent. Ca arrive cependant dans certaines parties musicales précises où nous avons besoin d’une masse sonore et plurielle.

After Marianne _ Visuel EP 'Do you have love for humankind'.jpg
Dernier EP d’After Marianne “Do You Have Love For Humankind?” – © Florie Berger

Qu’est-ce qui différencie cet EP du premier ?

Mathilda : J’ai l’impression que cet EP là est plus varié que le premier qui était plutôt une sorte d’histoire en six chapitres où chaque chanson était intimement liée. Ce dernier EP aussi a été conçu comme un scénario. Mais le fait d’avoir des morceaux en français pour la première fois, des cuivres, du gospel, des cordes, Christophe… Ca nous a permis d’être formidablement libres sur la création. Notamment car nous avons tout enregistré à la maison contrairement au premier. Tout était possible et nous avions moins peur qu’avant.

“Ces textures et les sons que nous employons dans chaque titre font partie de notre ADN, nous les aimons autant que nous aimons la lumière du soleil ou un paysage de notre enfance.” – Augustin

Vous avez composé la musique du court métrage Marlon. En quoi ce travail diffère-t-il d’une musique sans image et que vouliez-vous apporter au film à travers votre musique ?

Augustin : Cette composition nous a aidé a mieux cerner notre couleur musicale. Il s’agissait d’une petite bande-originale instrumentale – ou du moins dénuée de paroles – il nous a fallu dessiner au mieux une atmosphère propre à notre esthétique planante, mélancolique, rêveuse. Ces petites minutes représentent parfaitement l’harmonie qui nous lie dans ce groupe. Nous sommes très fiers de la progression incroyable de l’aventure Marlon !

Comment voyez vous votre musique ?

Augustin : Peut-être comme une manière d’habiller nos existences de couleurs, de leur donner une plus belle forme, autant sincère que rêvée. Ces textures et les sons que nous employons dans chaque titre font partie de notre ADN, nous les aimons autant que nous aimons la lumière du soleil ou un paysage de notre enfance. Notre musique fait partie de nous et c’est avec plaisir et pudeur que nous la partageons à tous !

De quels artistes vous inspirez-vous pour composer vos titres ?

Mathilda : Pour cet EP-là, j’ai beaucoup lu Paul Eluard, qui a aidé notamment “Lead or Feather” ou “Nous ne vieillirons pas ensemble” à naître. J’ai également découvert Fernando Pessoa et ça a été un vrai choc. Il y aussi les peintures de Homer ou Hopper. Le cinéma. Finalement ce n’est pas tant la musique qui nous inspire. Evidemment, on en écoute énormément mais on ne se dit pas « tiens je voudrais que ce morceau ressemble à ça etc.. »

Avec quel artiste aimeriez-vous faire un troisième featuring ?

Mathilda : On vient d’enregistrer un troisième featuring qui est d’ailleurs plutôt une vraie collaboration avec nos amis Nusky & Vaati. Puis d’autres copains ont amené leur pate : Clément Libes à la basse, le producteur Bigflo et Oli pour toutes les cordes sur nos EP… et Nick Etwell, rencontré lors d’un concert en Lettonie, un trompettiste de talent pour entre autres Mumford & Sons ET First aid Kit, la boucle est bouclée ! On a vraiment hâte de vous partager ce morceau.

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