De l’art du corps et du sublime, les nouvelles formes de l’érotisme

Plus Mappelthorpe que Larry Flynt ou Hugh Hefner ! Les nouveaux as de l’érotique redonnent au corps ses plus belles lettres. Une découverte des courbes, des formes et des replis sous un regard plus noble pour chaque anatomie.

Des hanches comme des sculptures de déesses grecques, Adam en robe de soie et Ken qui touche Batman pendant qu’une rose anglaise regarde de l’autre coté de la pièce. Ça peut choquer autant que faire rêver. Seraient-ils fous ? Le monde des fesses et du corset a-t-il perdu l’esprit ? Évidemment Mayfair, Hustler et Lui c’était plus simple. Plus accessible diraient certains. Mais accessible pour qui ? Pour quoi ? Pour combien de temps ? Une presse faite pour les hommes et par les hommes dans un dessein unique : des filles à poil pour satisfaire les onanismes de ces messieurs.

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En somme, très peu de place pour tous les autres. Les dames, les gays, les bis et tous les “excentriques” qui aiment les pieds en s’habillant comme des mémés. Un pan entier de sexualité laissé pour compte ou juste relégué au rang de l’étrangeté. Très vite, plusieurs publications discrètes ont vu le jour pour remédier au déficit. Leur intention ? Montrer le sexe d’une autre façon. Les magazines Leste, Phile, Normal et Baroness illustrent chacun à leur manière cette ambition. Des imageries qui rappelleront “Plexus” ou même Finland dans certains cas.

Créé en 2016, Leste est fondé sur un principe de transparence et de collaboration. Les rédacteurs ressemblent à leurs lecteurs. Des artistes et des mannequins sans phare, qui ont l’air vrai. Une idée de la fondatrice et poétesse Sara Sutterlin qui espère ainsi montrer la nudité telle qu’elle se trouve aux quatre coins du monde. Chaque forme et genre y est représenté. Deux fois par an tous les médiums y sont utilisés, de la peinture jusqu’au dessin. Une véritable tendresse comme un hommage au corps de tous les jours.

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Dans la même veine que ce dernier, Phile s’est ancré dans un schéma plus investigatif et tend à partager l’histoire des “sous-représentés”. Fondée par le photographe Mike Feswick et la sociologue Erin Reznick dans l’Ontario, la jeune publication bouscule par ses sujets. Pour sa première parution en 2017, l’équipe s’était ainsi tournée vers la question du sexe dans les prisons et plus précisément celle des sex toys. Interrogés sur les raisons qui les avaient poussés à concevoir le magazine, Mike et Erin oeuvrent avec Phile à mieux cerner la face caché des sexualités.

Normal et Baroness c’est autre chose. C’est le regard du maître sur le sujet. Un savoir-faire dans l’art de sublimer les lignes et les vallées qui longent la peau. Entre le livre et le magazine d’art, Normal est un projet français de Philippe Guédon et Guillaume Rodez qui rapproche subtilement la nudité d’une forme de perfection. Une approche plus classique à la question de l’érotisme qui tranche tout de même par tout son raffinement. Baroness partage aussi ce sens de la photographie avec, en outre, une originalité et un focus unique sur les envies des femmes.

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