Santiago intègre de la magie dans le réel

Franco-chilien d’origine, Santiago débarque sur la scène française il y a deux ans avec “L’aurore”. Personnel, Santiago pose une voix parfois proche de celle de Johnny Cash ou d’Alain Bashung sur une musique originale et fantastique.

Derrière Santiago se cache l’homme qui a donné son prénom au groupe, ainsi que trois musiciens : Hugo, Félix et Thomas. Un peu comme si les Beatles rééditaient “Lucy in The Sky with Diamonds” en français, Santiago arrive à faire revivre différents mondes et nous propose de voyager avec lui.

Même s’il a déjà chanté en espagnol, Santiago a favorisé sa langue maternelle, le français, pour ses deux premiers EP.

Santiago, c’est mon prénom, c’est aussi la capitale du Chili et la destination d’un chemin de pèlerinage. J’aime bien tous les sens que contient ce mot. C’est une aspiration à aller de l’avant.

– Santiago

Farouche : Comment est né Santiago ?

Santiago : Entre 2006 et 2010, j’avais un groupe qui s’appelait The Mantis, un duo guitare/batterie garage punk, produit par Yarol Poupaud. On a sorti un EP et un album qui n’a pas vu le jour.

Après ça, j’ai décidé de commencer un projet solo. J’ai enregistré des chansons seul dans ma chambre. Elles ont, plus tard, donné naissance à l’EP « L’Aurore”. C’étaient des enregistrements Lo-Fi mais j’aimais ces titres et j’ai voulu les enregistrer avec un meilleur son. Je suis allé aux Studios Midilive. C’est là que j’ai rencontré Hugo – qui est aujourd’hui le bassiste du groupe – il m’a proposé de produire mon disque. Après cette collaboration on a décidé de monter le groupe. On a fait appel à Félix, le batteur et à Thomas, le guitariste.

En ce qui concerne le processus créatif, j’écris les textes seul, je propose les mélodies aux membres du groupe et on les arrange ensemble. J’aime que chacun puisse apporter sa part de création dans le projet.

 

 

Comment considères-tu ton univers musical ?

J’étais en manque de folklore et j’ai créé le mien, issu d’influences très différentes qui vont de la trans africaine, au flamenco en passant par le rock psychédélique des années 60. J’ai voulu me les réapproprier en créant ma musique.

On parle souvent de ma musique comme étant psychédélique car c’est pratique. C’est un terme dans lequel on peut mettre beaucoup de choses. Mais je ne fais pas de la musique psychédélique dans le sens où on l’entend aujourd’hui. Ce n’est pas le psychédélique de Tame Impala. Moi, c’est plutôt celui d’expérimentateurs tels que Jimi Hendrix, Robert Wyatt ou encore Gong, qui ont cherché à faire avancer la musique.

Justement, est-ce que tu dirais de ton travail qu’il est empreint d’une forme de nostalgie ? 

Oui. La nostalgie est quelque chose que je recherche dans la musique que je fais et la celle que j’écoute. Dans la musique latino-américaine, par exemple. Mais la nostalgie n’est pas une forme de tristesse, bien au contraire. C’est une couleur qui teinte beaucoup ma musique. Je joue souvent avec mon père une chanson mexicaine qui s’appelle “Cancion Mixteca” de Cuco Sanchez. Elle représente pour moi tout ce que je recherche dans ce sentiment de nostalgie.

Comment as-tu créé ce monde fantastique qu’est le tien ?

Mon écriture, disons qu’elle serait inspirée du réalisme magique, présent dans la littérature latino-américaine. J’aime voir le magique dans le réel et c’est ce que j’aime raconter.

Pour le texte et le clip de ma chanson “Le Tombeau”, je me suis inspiré de films d’horreur des années 70, du Grand-Guignol et des visions morbides de l’esthétique baroque. J’aime beaucoup ces genres. Ce sont des genres subversifs et populaires.

Dans “L’Aurore”, j’ai voulu incarner le personnage du ménestrel du futur.

La Renaissance vient de la putréfaction. L’image de quelque chose qui meurt, qui va dans la terre et qui renaît. Quand je parle des “insectes rampants” dans “Le Tombeau”, c’est ça. Ces sentiments sont dévorés. C’est une sorte de mutation qu’il faut accepter.

Le “Gilles” par exemple, peut être n’importe qui, mais c’est aussi le personnage célèbre d’un carnaval en Belgique. Cette chanson, c’est l’histoire d’un homme seul, endormi dans sa chambre depuis des siècles. Il se réveille, ouvre la fenêtre et voit passer un carnaval. Cette vision l’effraie et le fait mourir. Le “Gilles”, c’est un masque.

Sur ces paroles, on comprend que ce masque, Santiago l’utilise pour parler franchement sur une musique parfois dissonante par rapport aux textes.

“Couper le Feu”, le titre du prochain EP, fait référence aux guérisseurs qui soignent et transmettent ce don de génération en génération. Cela ressemble beaucoup à ma conception de la musique.

– Santiago

Santiago sera aux Trois Baudets le 27 mars. A cette occasion démarrera la prévente de son EP, “Couper le Feu”, qui sera composé de six titres.

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