Goat Girl enflamme la scène underground londonienne et rend hommage à la pop anglaise

Pendant que Meghan Markle et le prince Harry font la couverture de tous les magazines people britanniques pour parler de leur mariage, la scène punk anglaise est en pleine effervescence. Au sud de Londres, aux alentours des quartiers de Greenwich, Lambeth ou encore Southwark, Clottie Cream, Naima Jelly, L.E.D. et Rosy, quatre jeunes filles d’une vingtaine d’année, préparent la résurrection de la scène indépendante londonienne depuis quelques années. Une sorte de rencontre entre les Beatles et du Velvet Underground en pleine conversation avec Alison Mosshart des Kills.

Ces quatre artistes aux voix nonchalantes à la Janis Joplin qui font vibrer les années 70 comme si elles ne s’étaient jamais évanouies. Goat Girl, c’est l’archétype de l’anglaise par excellence qui ne pense qu’à faire un gros doigt à ses parents pour leur déclarer son indépendance. Une musique à la sauce Trainspotting qui nous transporte instantanément de l’autre côté de la Manche pour redécouvrir le punk garage.

Toutes droit sorties d’une cave underground, le groupe a été signé par le label Rough Trade Records au moment où l’Angleterre votait pour sa sortie de l’union européenne. Malgré l’atmosphère tendue, cela ne les empêche pas travailler d’arrache-pied. Deux ans plus tard, le 6 avril 2018, elles sortent 19 titres – rien que ça – dans leur premier album éponyme produit par Dan Carrey. En gros, Franz Ferdinand et The Kills, c’est lui. Y’a de quoi être fier. A travers une forme de nostalgie naturelle, elles vont sortir de leur cave pour montrer au monde que la Terre n’a pas encore arrêté de tourner.

Goat Girl est en réaction aux boys band, comme les Beatles, dont les filles s’entichent jusqu’à tomber dans les pommes. Et pour cause : dans leur clip de “The Man”, elles reprennent le clip emblématique “A Hard Days Night” où apparaissent John, Paul, George et Ringo, réalisé en 1964, où elles remplacent les groupies énamourées par des hommes. Qu’il vente, qu’il pleuve ou qu’il neige, ils les scrutent et ne veulent qu’elles. Et du haut de leur toit, elles les saluent sans qu’ils ne puissent les atteindre. Cependant, la police n’arrivant pas à les retenir, ils finissent par les poursuivre, forçant les filles à s’échapper et à courir à travers Londres. Qui a dit que l’époque Beatles était révolue ? Nous sommes au beau milieu d’une révolution sexuelle propice à la création musicale.

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Londres n’a qu’à bien se tenir. Source : @goatgirlofficial / Instagram

Et pourtant, quand on s’appelle Goat Girl, soit, la femme chèvre, cela fait penser à une suiveuse, une fille sans personnalité qui ne cherche qu’à être aimée. Ces filles sont donc un paradoxe à elles seules car, dans le clip de “The Man”, les chèvres, ce sont les hommes. De même, dans “Cracker Drool”, elles fument, l’une d’entre elle conduit et, dans ce clip en noir et blanc, le passé tel qu’on le connait n’a pas existé. Les femmes sont puissantes et s’expriment ! Pas qu’elles prônent le féminisme à tout prix, ces quatre femmes ont tout simplement une voix et elles n’hésitent pas à s’en servir.

Pete Doherty peut donc aller se rhabiller avec son look de clochard et sa voix endormie.

Elles seront en concert à l’Espace B à Paris le 16 mai prochain. Ça tombe bien, on avait rien de prévu ce jour-là !

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