Netflix part à la recherche d’une cure de désintox avec 6 balloons

Netflix innove une nouvelle fois avec 6 balloons, disponible sur la plateforme américaine depuis le 6 avril 2018. Réalisé par Marja-Lewis Ryan, ce film suit la jeune Katie dans les rues de Los Angeles qui, au dépit de sa propre vie, ne peut s’empêcher de prendre soin de son frère Seth, héroïnomane, et sa fille de 2 ans, la petite Ella.

Du point de vue de Katie, la réalisatrice va peindre le portrait de Seth, un homme qui ne peut se passer d’héroïne. En rechute après plusieurs séjours en désintox, il ne peut pas se faire à l’idée de refaire une cure de dix jours. Il perdrait son travail et surtout, il n’aurait plus le droit de voir sa fille.

Pour son deuxième film, la réalisatrice de Liked, sorti en 2017, s’est accompagnée d’un Dave Franco amaigri, et de l’excentrique Abbi Jacobson, connue pour jouer le rôle d’Abbi dans la série Comedy Central, Broadcity. Alors qu’on a l’habitude de les voir dans des comédies, cette course contre la montre à la recherche d’un centre de désintoxication prend un tout autre sens. Avec un casting pareil, on se dit que cette maladie peut toucher tout le monde, même ceux qu’on n’imagine pas se laisser entrainer dans ce cercle vicieux. Quand deux acteurs n’ont de cesse de sourire, comment imaginer les voir dans un film sombre et réel comme celui-là ? Par ailleurs, cette réalité ne serait pas complète sans Jane Kaczmarek, qui n’est autre que Loïs, la maman hystérique de Malcolm, dans le rôle de la mère de Katie et Seth. C’est le monde à l’envers, et Katie est en train de s’y noyer.

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Katie, en quête d’héroïne pour son frère. Source : @curseyouramericaneyes / Instagram

Pendant 1h15 et une intrigue qui tient en 24h, Katie est guidée par une narratrice spirituelle. Un peu comme une séance de sophrologie, cette voix guide la jeune femme vers l’acceptation d’elle-même mais également à se libérer de l’emprise qu’à son frère sur elle. En huit chapitres, Katie va peu à peu réaliser à quel point son frère l’empêche de vivre sa propre vie, et l’enferme dans un carcan dont elle est la seule à pouvoir se libérer. Même si la source diffère, Katie est dépendante elle aussi, ce qui lui fait perdre pied avec la réalité, laissant la drogue dicter sa vie. C’est l’effet domino. Seth n’est pas le seul à souffrir car lui-même empoisonne ceux qui l’aiment.

Grâce à la métaphore de l’eau, on suit l’évolution de Katie et les décisions qu’elle prend pour réussir à respirer et reprendre le contrôle de sa vie. Son frère l’empêche d’avancer, de respirer et de garder une relation avec la réalité. Son but est donc de se séparer de cette addiction, de cette dépendance qui n’est pas la sienne, ainsi que de l’emprise que son frère a sur elle. Sa drogue a elle s’appelle Seth.

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Et le regard des autres, on en parle ? Source : @jmorant / Instagram

Dans une atmosphère angoissante et malaisante, Katie qui était si heureuse d’organiser l’anniversaire surprise de son copain Jack se voit embarquée dans une chasse à l’héroïne pour éviter à son frère de souffrir d’autant plus devant sa fille. Alors qu’on les suit dans des situations gênantes, à la limite du dégout, Katie est presque passive devant la situation, pour le bien de sa nièce. La drogue les enferme dans une routine dont il est difficile de se séparer, qui les étouffe.

Ils arrivent néanmoins à garder un lien avec la réalité grâce à la petite Ella. Innocente, elle comprend sans comprendre que son père n’agit pas normalement et n’hésite pas à lui crier dessus parce qu’il “faut qu’il ferme la porte de la voiture”. Les faits et gestes de Seth choquent donc d’autant plus à travers le regard de sa fille, décontenancée. Elle représente la réalité dans la réalité biaisée de Seth.

Dur et dérangeant, ce film montre sans artifices toutes les facettes de l’addiction. Quitte à se sentir mal devant son écran, autant l’être pour une raison. Entre l’égoïsme et la souffrance que Seth transfère à son entourage, autant toucher celui qui est assis dans canap’, également témoin de la situation. Loin d’être un divertissement, Marja-Lewis Ryan a mis en images une prise de conscience.

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