Kodachrome, un road movie salvateur et émouvant signé Netflix

Deuxième film du canadien Mark Raso, après Copenhagen en 2014, et présenté au festival de Toronto en 2017, Kodachrome dépeint le portrait de Matt Ryder, un jeune agent de maison de disque au bord du gouffre. Alors que sa carrière bat de l’aile, un fantôme du passé ressurgit lorsque l’infirmière de son père débarque dans son bureau pour lui apprendre que ce dernier souffre d’un cancer du foie très agressif et n’a plus que quelques mois à vivre. Cependant, Matt reste stoïque face à cette annonce car, après avoir trompé sa mère à maintes reprises et l’avoir abandonné à son oncle et sa tante, Ben a préféré s’occuper de sa carrière plutôt que de son propre fils.

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Un sourire n’a pas de prix. Source : @hairbyzeeeee / Instagram

Zooey, l’infirmière de Ben, va néanmoins se montrer très persuasive et demander à Matt de suivre son père dans sa dernière excursion avant de quitter ce monde. Ben a toujours en sa possession quatre pellicules Kodachrome, qui ne pourront plus être développées d’ici quelques jours car Kodak arrête la production des liquides nécessaires au développement de ces vieilles pellicules. Ben n’a aucune intention de perdre ces quatre pellicules et aimerait que Matt l’accompagne dans son dernier périple pour l’amener au Kansas et trouver ce laboratoire qui pourra exaucer la dernière volonté de cet homme malade. C’est lorsque la manger de son père, Larry lui propose de l’aider à sauver sa carrière s’il accepte d’accompagner son père, que Matt se met en route. Même s’il ne le fait pas pour son père, à quoi ressemble cette relation père-fils après tant d’année ? Zooey en est témoin et ce road trip nous permet de le découvrir également.

Ce road movie nous ouvre les yeux sur les relations familiales et comment le passé peut emprisonner un homme dans son propre souvenir, l’empêchant de profiter de sa vie telle qu’elle vient.

Alors qu’on a l’habitude de le voir dans des comédies américaines comme Comment tuer son boss, Jason Sudeikis incarne donc Matt, ce jeune homme torturé que la vie a lâchement abandonné. Elle lui donne alors une nouvelle chance, au moment ou Zooey, jouée par la talentueuse Elizabeth Olsen, met les pieds dans son bureau.

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Les smartphones aussi ont un passé. Source : @cameragarage / Instagram

Ed Harris, lui, arrive à porter à l’écran un Ben Ryder détestable, incapable de comprendre à quoi ressemble l’amour, ou de montrer une once de reconnaissance. Comme si son but était de foutre la merde une dernière fois avant de quitter ce monde. Le spectateur découvre alors une relation père-fils hors du commun. Comme quoi, demander pardon n’est pas simple pour tout le monde, encore moins les plus fiers d’entre nous.

Comme si Jack Kerouac planait au dessus de ce film, chaque étape de leur voyage va marquer une évolution dans la relation des deux hommes, ainsi que dans l’implication de Zooey. Bercés par la musique du passé mais également celle du présent, ses notes accompagnent la transformation de nos trois personnages que la vie n’a pas épargné, mais à qui elle offre une certaine rédemption. Elle les guide et évolue en même temps qu’eux. Finalement, le passé a tout de même l’avantage de façonner le présent.

Sorti le 20 avril 2018 sur Netflix, ce film est un passage obligatoire et une magnifique leçon de vie.

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