Dans “Millésime 54”, notre amour du vin nous propulse dans le Paris des années 50

Entre Retour Vers le Futur et Amélie Poulain, “Millésime 54” est un récit attendrissant qui nous propulse dans un Paris des années 50 où l’on peut tomber sur Edith Piaf et Jean Gabin qui dinent tranquillement aux Halles avant qu’elles ne deviennent un énorme centre commercial. Passer une soirée avec des légendes pareilles et voir les bouchers préparer leurs étales devant toi pendant que tu dégustes un excellent vin en regardant le soleil se coucher sur Paris n’était pas impossible à l’époque. Aujourd’hui, rien que de tomber nez à nez avec Kad Merad semble être hors d’atteinte.

Le septième roman d’Antoine Laurain débute en 1954, alors que Pierre Chauveau, vigneron du Beaujolais, se balade pendant la nuit au milieu des vignes. Il voit alors dans le ciel ce qu’il considère comme un OVNI ayant inondé de lumière tout le vignoble dans lequel il se trouve.

Suite à cela, il s’avéra que le Château Saint-Antoine 1954 issu des vignes au-dessus desquelles ont eu lieu ses manifestations extraterrestres, d’habitude bien banal, fut un des meilleurs vins de l’année. Un millésime. Ce fut d’ailleurs la seule année qu’il se démarqua des autres, redevenant un vin bien ordinaire dès l’année suivante.

De retour en 2017, Bob Brown, un touriste américain pose les pieds pour la première fois à Paris. C’est une fois arrivé dans son Airbnb qu’il entend un bruit en provenance des caves. Hubert Larnaudie, président du syndic et résident de l’immeuble depuis des années a été enfermé dans la sienne. Avec l’aide de Magali Lecoeur, la restauratrice d’oeuvres d’art du rez-de-chaussée et leur nouveau voisin et jeune propriétaire Julien Chauveau, Bob sort Hubert de sa torpeur. C’est à ce moment-là que ces quatre personnages plutôt solitaires trouvent refuge dans cette amitié naissance.

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Antoine Laurain. Source : goodreads.com

Malgré ses mésaventures, Hubert ne remonte pas les mains vides. Pendant qu’il désespérait dans la poussière des sous-sols de l’immeuble, il a retrouvé une bouteille qu’il pense avoir été abandonnée par un de ses aïeux et propose à ses invités de l’ouvrir avec eux. Désinhibés et heureux d’avoir appris à se connaître, les trois résidents disent à Bob qu’il est arrivé au bon moment étant donné que le lendemain se déroule la Journée du Patrimoine. De quoi voir Paris sous toutes ses coutures.

Et qu’est-ce qu’elle est authentique cette Journée du Patrimoine ! Bus, devantures de boutiques, vêtements, et même absence de smartphones et retour aux Francs sont au rendez-vous. Ils se sont donnés les parisiens cette année ! En même temps, ça n’est pas étonnant quand on se retrouve tout à coup propulsé en 1954 !

Ensemble, ils vont devoir trouver un moyen de retourner en 2017, mais avant tout, chacun d’entre eux va découvrir un aspect de sa vie et de son existence qu’il ignorait. Émouvant et à la fois impressionnant grâce à tous ces petits détails qui propulsent le lecteur dans une capitale bien différente de celle d’aujourd’hui, on se demande parfois comment nous pourrions survivre sans notre technologie adorée.

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Les Halles en 1954, c’était loin d’être cet énorme centre commercial au toit vitré que l’on connait. Source : Pinterest

Au fur et à mesure des pages, notre société semble pourtant perdre tout son intérêt. On se rend compte que les gens ne se parlent plus vraiment, que nous prenons des photos de tout sans vraiment regarde l’oeuvre en elle-même mais seulement à travers notre écran. La vie de quartier est bien plus développée et Paris n’est pas du tout la même. Emprunts de nostalgie, Antoine Laurain est allée au bout de ses fantasmes et nous a fait rêver à travers des stars qui ne sont plus de ce monde, une camaraderie sans précédent et des personnages qui, jusqu’à la veille, ignoraient tout de leurs voisins. L’auteur nous ouvre les yeux sur notre société et sur l’importance de notre patrimoine culturel grâce à ces quatre personnages aux histoires différentes et uniques, des âmes toutes plus attachantes les unes que les autres.

Sorti le 4 avril dernier aux Editions Flammarion, “Millésime 54” est un vrai bon cru 2018 !

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