Keep Dancing Inc. dans les pas de New Order et de la synth-pop britannique

Dévoilés en 2014 avec leur EP “Initial Public Offering” et une tournée de l’autre côté de la Manche, ces quatre musiciens forment Keep Dancing Inc. A travers une instrumentalisation à base de synthés, ces dignes héritiers de New Order et Arctic Monkeys que sont Gabrielle, Charles, Louis et Joseph sortiront leur nouvel EP “Restructuration” le 15 juin prochain.

Cette musique aux sonorités britanniques a de quoi rendre jaloux quelques groupes outre-Manche grâce à des notes rassurantes et une voix digne des groupes des années 80 qui propage une espèce de nostalgie ambiante dont on ne peut plus se passer.

En plus d’avoir participer à la première partie de groupes tels que Parcels, Aufgang ou encore Formation, c’est Flavien Berger qui a pris le groupe sous son aile suite à la diffusion de leur première démo “Make The World A Better Dance” à l’automne 2014.

Ces quatre parisiens ont répondu à nos questions afin d’en savoir plus sur leur musique et leur parcours. Tout en modestie et avec une touche d’humour à l’anglaise, les quatre membres du groupe nous ont dévoilé ce qui les inspire mais également comment ils ont créé ce monde qu’est le leur.

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Mais où est Gabrielle, le quatrième mousquetaire ? 

Farouche : Qui se cache derrière Keep Dancing Inc ? 

Charles : Keep Dancing Inc, c’est Gabrielle à la batterie, Charles au chant, Louis à la guitare et Joseph à la basse et aux claviers.

Comment vous êtes vous rencontré ?

Charles : J’ai rencontré Louis et Gabrielle au concert d’un groupe anglais, Palma Violets, il y a 5 ans. Ils jouaient tous les deux dans le même groupe. Louis et moi avons commencé à faire beaucoup de musique ensemble, Joseph – que nous avons rencontré à un concert de Flavien Berger – nous a rejoint en 2015 et Gabrielle a commencé à tourner avec nous cette année.

Quels sont vos influences artistiques ?

Louis : Chacun d’entre nous a ses propres influences : Joseph est très influencé par Jono Ma de Jagwar Ma, Charles écoute beaucoup de R’n’B comme Blood OrangeKindness ou Jai Paul. Le jeu de batterie de Gabrielle s’inspire de ceux de Matt Helders des Arctic Monkeys ou de Stephen Morris de Joy Division et New Order. Personnellement je suis un grand fan de surf rock et de Johnny Marr, le guitariste des Smiths.

Mais on a aussi beaucoup d’influences communes comme l’indie rock qui rajoute plus ou moins de synthés avec des groupes comme les DrumsPorchesBeach Fossils ou New Order. On aime aussi le Disco Funk ou encore les grosses pontes de la Synthpop des années 80 comme Human LeagueTears for Fears et OMD.

Quel a été le processus pour choisir de chanter en anglais ? Qu’apporte-t-il par rapport au français ? 

Charles : J’ai toujours été beaucoup plus influencé par la musique anglo-saxonne que française, et lorsque j’ai commencé à écrire des paroles au collège, l’anglais m’est venu naturellement. Maintenant que le français est redevenu très à la mode dans la pop hexagonale, je suis fier de pouvoir relier le groupe à une scène internationale plutôt que de se limiter aux influences locales.

Votre musique fait un peu penser à Pony Pony Run Run ou même toute cette vague de groupes comme The Killers, MGMT etc… Comment voyez-vous la pop music aujourd’hui en France et dans le monde ? 

Charles : Tous ces groupes ont mis en avant une musique pop avec beaucoup de synthés, ce qui peut être comparable avec ce que l’on fait, mais nos influences et nos objectifs ne se limitent pas à cette scène. Certains groupes de rock comme Palma Violets, The Talking Heads, The Drums ou des producteurs de musique électronique comme Weval, Aphex Twin ou Leon Vynehall nous inspirent tout autant, voire même plus.

On sent énormément d’émotions dans vos chansons, notamment dans “Rhum & Ginger Magic”. Comment est né ce titre ?

Charles : Ce titre raconte les soirées qu’on a eu à Paris au printemps 2015. C’était une période très excitante, on sortait pas mal et émotionnellement c’était assez fort, avec la naissance et la mort de pas mal de relations autour de nous. C’est une chanson qui fait un état des lieux de tout ça.

Je ne peux pas trouver de justesse dans le texte si je ne parle pas d’évènements vécus.

Que cherchez-vous à partager avec les gens qui écoutent votre musique ? 

Charles : On veut susciter une émotion. Le but du jeu c’est de faire pleurer sur le dancefloor.

De quoi parlez-vous généralement dans vos chansons ? 

Charles : On parle beaucoup de relations, souvent amoureuses, mais on essaye de diversifier un maximum les sujets. “Pornstar” traite du harcèlement au quotidien et porte sur les interrogations qu’on a sur les personnes qui nous entourent.

Dans “Pornstar” on sent qu’il y a un vrai changement qui fait en effet penser à New Order. Pourquoi ce changement ? 

Louis : “Pornstar” est un morceau qu’on a composé assez rapidement pendant l’enregistrement de l’EP. On l’a quasiment fini en une moitié d’après midi. Je pense qu’on a arrangé le morceau de manière très spontanée en choisissant des sons de synthés et de boîte à rythme qu’on utilisait très souvent à ce moment-là. C’est eux qui, je pense, donnent ce côté plus calme et doux à la chanson.

Joseph : En plus de ça, on s’est dit que c’était important pour ce morceau de mettre le texte en valeur et donc d’avoir une instrumentation un peu plus calme.

Vous y montrez énormément de paysages parisiens comme La Défense. Comment interpréter tous ces gratte-ciels qui vous entourent ? 

Louis: “Pornstar” parle de l’objetisation des femmes dans notre société et du harcèlement qui peut en découler. Les gratte-ciels du clip représentent, avec leur masse froide et imposante, le spectre du harcèlement qui plane constamment sur les femmes sans être forcément visible au travers des vitres. Du coup la Défense ça marchait grave.

Où vous placez-vous dans la musique française actuelle ? 

Louis: C’est assez difficile à dire parce que c’est aussi assez dur de se comparer à d’autres groupes mais je pense qu’on est un peu entre Phoenix et Agar Agar, avant leur succès évidemment. Des groupes français, qui font de l’electro synthpop ou de l’indierock synthpop en anglais et avec un gros son. Comme nous quoi.

Si vous le pouviez, avec qui feriez-vous un featuring et pourquoi ? 

Louis: Avec James Murphy de LCD Soundsystem, parce qu’on est tous super fans de ce qu’il fait et que l’album “Reflektor” d’Arcade Fire, qu’il a produit, est magnifique.

Quels sont vos projets à venir ?

Louis : On va sortir un 3ème EP avant la fin de l’année, histoire de faire monter encore un peu plus l’engouement autour du groupe puis on devrait sortir un album d’ici juin 2019 si tout se passe comme prévu. Ce qui n’arrive jamais!

Allez-vous vous produire à l’étranger ? 

Louis: On est en train de monter une tournée anglaise pour octobre-novembre histoire de continuer sur la lancée de celles qu’on a fait avant et qui avaient super bien marché. On essaye de faire des tournées de plus en plus fournies pour toucher de plus en plus de monde. On a commencé par une tournée de deux dates, puis trois en décembre dernier et enfin cinq dates début avril. Cette fois-ci on va essayer de faire une dizaine de dates.

Dépêchez-vous les gars car nous, on a hâte de vous voir en concert car YouTube c’est sympa trois secondes mais mon ordinateur commence à saturer car j’écoute vos titres en boucle depuis un certain temps maintenant.

En attendant, leur nouvel EP “Restructuration” sort le 15 juin prochain, histoire de nous faire patienter jusqu’à l’annonce d’une date live !

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