“À la lumière du petit matin”, le nouveau roman d’Agnès Martin-Lugand

Auteure du célèbre Les gens heureux lisent et boivent du café, – et après d’autres romans à succès – Agnès Martin-Lugand revient en 2018 avec À la lumière du petit matin où elle raconte la vie de Hortense, professeure de danse à Paris.

Au premier abord, Hortense à la belle vie. Une fois débarquée de son Lubéron natal à Paris, cette danseuse a repris l’école de son mentor, Auguste, avec deux de ses collègues et amis, Sandro et Bertille. Passionnée, elle se donne corps et âme à cette institution où elle a tout appris, en essayant de faire fi de sa vie sentimentale quelque peu bancale. Et c’est peu dire quand on sort avec un homme marié depuis trois ans.

Mais comment se détacher d’un homme qui nous a sauvé de la dérive ? Seulement un an après le suicide de ses parents, Hortense, qui s’était plongée jusqu’à épuisement dans la danse, rencontre Aymeric qui a réussi à lui faire oublier ses soucis et à la ramener à la vie comme une plante desséchée à qui l’on redonne de l’eau… Elle a néanmoins réussi à s’y noyer, ne vivant que pour cet homme qui ne pourra jamais lui donner son coeur entier.

Elle sait qu’elle est la maîtresse, qu’il ne quittera jamais sa femme et surtout ce qu’en pense son entourage. Mais comment abandonner celui qui lui a de nouveau permis de profiter de la vie alors que ses parents ont perdu la leur ? Elle va donc jouer le rôle de l’amante jusqu’au bout, le faire rêver, lui donner envie de rester avec elle pour qu’il ne culpabilise pas d’abandonner sa vie pendant quelques heures au milieu de la semaine… Jusqu’au jour où, suite à une mauvaise chute dans un escalier et plusieurs semaines de douleur à la cheville, Hortense se retrouve avec une entorse qui va l’empêcher de danser pendant plusieurs mois mais également d’entretenir la sensualité qui faisait, depuis trois ans, le ciment de son couple.

Clouée au lit à se tordre de douleur, Hortense a donc le temps de faire le point sur sa vie. Entre les quatre murs de son studio parisien et loin de la Bastide, sa maison d’enfance dans le Lubéron, celle où ses parents se sont donnés la mort, Hortense étouffe. Elle ne peut même pas danser pour évacuer cette douleur physique comme émotionnelle mais elle a besoin de faire une pause pour réfléchir à sa relation, à sa vie.

A bientôt quarante ans, cette jeune femme est spectatrice de sa propre vie et va donc partir s’installer dans cette maison qui lui est si chère pendant sa convalescence pour retrouver ses amis d’enfance et essayer d’oublier que son corps l’a abandonnée… sûrement pour lui faire comprendre qu’elle se reposait trop sur lui afin de réaliser qu’elle ne pourra pas fuir pour toujours. Elle doit agir si elle ne veut pas se faire rattraper par ses démons.

Psychologue de formation, Agnès Martin-Lugand décrit les émotions afin que nous puissions également les ressentir. On arrive à s’imaginer à la Bastide tout en développant une forme d’empathie pour cette femme qui se rend compte qu’elle est passée à côté de sa vie. Sans vraiment réussir à s’imaginer son visage, ce qui ressort réellement de cette oeuvre, ce sont les émotions. Que ce soient celles du personnage principal ou de ses amis, nous passons du bonheur aux larmes d’une page à l’autre de ce parcours initiatique.

À la lumière du petit matin est sorti le 29 mars 2018 aux éditions Michel Lafon et si tu aimes rêver, je te conseille vivement de le lire avec de la musique dans les oreilles afin d’imaginer ces personnages prendre vie devant toi.

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