Quand Francesco Muzzopappa fait leur fête aux “Dix Commandements”

Alors qu’en 2004, Michaël Youn nous impressionnait avec ses caméras cachées et ses performances acrobatiques dans les 11 Commandements, cette année, c’est au tour de l’italien Francesco Muzzopappa de faire la tête au carrée aux Dix Commandements énoncés dans la Bible dans son dernier roman Divine VengeanceCette comédie humaine raconte l’histoire de Léo, un jeune garçon dont l’enfance a été marquée par les moqueries de ses camarades et par conséquent, un énorme manque de confiance en soi. En effet, ce n’est pas tous les jours qu’on croise un enfant à qui il manque l’annulaire et l’auriculaire, ce qui, chez les enfants, marque vite une scission entre la normalité et la bizarrerie. Et qu’est ce que ces petits être peuvent être cruels quand ils s’y mettent !

Heureusement, Léo n’est pas resté enfermé dans sa chambre à lire des magazines automobiles trop longtemps. Alors qu’il pensait finir seul pour toujours avec ses huit doigts, ce jeune italien originaire de Varèse tombe amoureux d’André – oui, c’est un nom d’homme -, une magnifique jeune femme dont, aux yeux de son cher et tendre, le seul défaut réside dans sa foi en Dieu et son respect des Dix Commandements. Evidemment, chacun est libre de croire à l’entité divine de son choix, même si cela veut dire ne pas coucher et ne pas succomber à l’appel de la chair avant le mariage. Cependant, par amour pour sa dulcinée, Léo prend son mal en patience depuis déjà deux longues années.

Fou amoureux d’André, il doit accepter sa foi, mais aussi faire bonne figure devant ses bourges de parents car André est comme qui dirait “pétée de tunes”. Elle-même vit seule dans une villa pendant que ses géniteurs vivent dans une version plus petite de la Maison Blanche. Evidemment, ils ne voient pas d’un bon oeil que leur fille sorte avec un petit surveillant de musée comme Léo, de quoi vite plomber l’ambiance… Car oui, notre héros se satisfait totalement de sa situation professionnelle même s’il ne gagne pas des milles et de cents.

Et il semblerait que leur fille soit d’accord avec eux. Alors que Léo s’apprête à faire sa demande pour mettre fin à son calvaire, il la découvre ELLE – comme il l’appelle – à califourchon sur le pénis qui n’est clairement pas le sien mais celui de son mannequin de voisin. Ils sont beaux les commandements, hein ! Tellement beaux, que Léo va aller à leur encontre, un à un, pour faire payer sa trahison à André. Comme on dit, la vengeance est un plat qui se mange froid.

Auteur de Tout va très bien, madame la comtesse ! et Une position inconfortable, Francesco Muzzopappa nous emporte donc dans l’univers de ce jeune homme avec humour et sarcasme, alors que sa vie a été réduite en morceaux suite à la trahison de celle qu’il pensait être la femme de sa vie. De plus en plus salement, Léo va donc détruire les préceptes de Dieu pour le plus grand bonheur des lecteurs.

Francesco Muzzopappa va jusqu’à dessiner lui-même les oeuvres d’art qu’il attribue à des artistes très connus comme Salvador Dali ou Jean-Michel Basquiat afin de rappeler que son personnage principal est surveillant du MU.CO, un musée fictif tout droit sorti de l’imagination de l’auteur où sont exposées les plus mauvaises oeuvres des plus grands artistes.

Sorti le 2 mai 2018 aux Editions Autrement, Divine Vengeance est une ode à l’humour et à la tragicomédie dont Muzzopappa en digne héritier de Molière est le maître.

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