Jahen Oarsman revient sur le devant de la scène avec son troisième EP “In Time”

Jahen Oarsman nous a déjà enchanté avec son premier EP “Time Is A Catcher” en 2014 et un deuxième en 2016, “Hyde And Seek”, et il revient cette année avec “In Time”, un troisième opus sorti le 5 octobre dernier. En quatre ans, ce jeune normand a fait montre de maturité et a troqué sa mélancolie des premières années avec une musique plus joyeuse et entraînante pleine d’émotions toutes plus présentes les unes que les autres.

Au milieu d’une scène indépendante française en plein essor et des styles de musique toujours plus nombreux, Jahen Oarsman débarque avec une musique folk touchante à la sauce British accompagnée de tout un panel d’univers qui sont les siens.

Farouche : Quand as-tu commencé à faire de la musique ? 

Jahen Oarsman : Mon père m’a offert une guitare classique et un bouquin de tablature des Beatles quand j’avais 12 ans. J’étais un enfant assez agité que même beaucoup de sport avait du mal à canaliser. La musique a réussi ce miracle.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de chanter ? 

Je pense que ce sont tous les vinyles qui passaient le dimanche à la maison. Ils comportaient musique et chant, je me suis vite dit que l’un n’allait pas sans l’autre et ça m’a donné envie d’essayer. Plus que la musique au départ, c’est le timbre d’une voix comme Léonard Cohen qui attirait mon attention et me transportait.

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Peux-tu nous donner une anecdote sur vos première tentatives en musique ? Un karaoké qui est resté dans les annales, des concours à l’école ? Ça nous intéresse ! 

Au départ, je jouais grâce aux bouquins de tablatures sans connaître les morceaux originaux. Je me souviens avoir comparé ma version de While My Guitar Gently Weeps des Beatles à l’originale… rien à voir ! Ca m’a fait prendre conscience qu’on pouvait créer différentes choses avec la même base.

Cinq ans plus tard, j’avais 17 ans, mes parents m’ont emmené en Grèce et j’ai effectivement participé à un karaoké. Je m’étais entiché d’une jeune fille que je comptais conquérir par ma prestation. Elle m’a dit que c’était nul ! Ca m’a un peu refroidi sur le moment et puis comme je n’étais pas d’accord du tout, j’ai persévéré !  Depuis j’imite plutôt bien Francis Cabrel.

Est-ce que votre Normandie natale a une place importante dans vos composition ? 

Pour être honnête pas du tout ! Je compose n’importe où, n’importe quand et sur à peu près n’importe quoi !

Dans “To The Moon And Back”, on sent un besoin de voyage. On le sent dans tes chansons en général d’ailleurs… Est-ce pour cela que tu chantes en anglais ? 

Je suis né en 1980, beaucoup de morceaux anglais passaient à la télé et à la radio dans ma jeunesse. J’ai donc entendu des morceaux en anglais involontairement au départ. Ce qui est intéressant c’est que, pendant que mes potes de village chantaient du rap français, j’accrochais quasi exclusivement qu’aux morceaux anglais. Cette langue était l’Ailleurs, un autre monde accessible très facilement… à portée de guitare. 

De qui t’inspires-tu pour composer ? Certains de tes morceaux ressemblent à la musique de Tyler Hilton ou encore Tracy Chapman, dans la douceur, l’honnêteté.

Je ne sais pas du tout qui est Tyler Hilton, j’irai écouter ! C’est sûr qu’en grandissant et en écoutant à peu près tout ce qui passait à la radio et sur MTV, j’ai souvent fait de belles découvertes. Certains artistes m’ont touché plus que d’autres, comme Tracy Chapman, Ben Harper, les Counting Crows, Oasis, K’s Choice, Alanis Morissette, Sheryl Crow, The Stereophonics mais aussi les Beatles, Radiohead, Lauryn Hill, Queen, Leonard Cohen, Jeff Buckley ou Neil Young … on va dire que je suis éclectique! Ce qui compte dans mon prisme, c’est l’honnêteté et l’intensité des émotions. J’aime la douceur et le gros son, ce genre d’ambivalence.

“Je pense être un cuisinier pop avant toute chose !” – Jahen Oarsman

Un changement s’est opéré entre tes trois EP. Le troisième et dernier en date est plus rock, plus punchy. Est-ce volontaire ? 

En 2012, je me suis réinstallé en Normandie. J’avais des compositions qui dataient pour certaines d’il y a dix ans et j’ai commencé par celles-là. Le style était plus mélancolique, plus traditionnel aussi avec des structures assez alambiquées. Avec le temps je suis devenu plus simple et joyeux je crois ! J’avais envie pour ce troisième EP de quelque chose de très chaleureux, qui te réconforte quand il pleut, qui te fasse sourire quand il fait beau.

On sent différentes inspirations dans tes morceaux… blues, rock, pop… que représente chacune d’entre elles pour toi ?

Dans mes précédentes productions, c’est le blues-folk qui prédominait. Alors que dans In Time, c’est plutôt un mélange de pop, de folk et de rock avec un enrobage soul et des pointes de funk. Le Blues, c’est la base dont il faut s’affranchir pour obtenir un panel d’émotions, le Folk apporte une notion de voyage et me permet de raconter des histoires, le Rock donne de la force et la Soul est une antenne reliée à ton cœur qui apporte de l’intensité. Quant à la Pop, c’est un peu la recette qui te permet de mélanger les choses et de leur donner une saveur plutôt qu’une autre. Je pense être un cuisinier pop avant toute chose !

Comment considères-tu la scène indépendante française ? 

Je ne sais pas si j’ai à considérer quoi que ce soit, je fais mon truc avant tout sans trop réfléchir. Maintenant, j’observe depuis 2-3 ans que ça fourmille de projets, de labels et de festivals indépendants. Il se passe plein de trucs et ça promet des choses intéressantes.

Qui sont les musiciens qui t’accompagnent ? 

A la batterie, Kevin est là depuis un an, c’est le petit nouveau. Le guitariste et choriste O’Maley m’accompagne depuis mes débuts. Alexis, à la basse, est là depuis 2015. Ce qui est marrant, c’est qu’il était mon ingé-son au départ, mais comme il jouait de la basse et que j’aime être avec mes potes sur scène, il nous a rejoint ! 

Si vous pouviez faire un featuring avec quelqu’un, avec qui voudriez-vous le faire ? 

Paul McCartney car il ne se repose pas sur ses acquis, malgré sa carrière incroyable. Il m’impressionne par sa curiosité. Il fait sans cesse des choses nouvelles, on doit bien s’amuser à collaborer avec lui ! 

Ah Jahen, si je pouvais, je me mettrais à jouer d’un instrument juste pour jouer avec Paul McCartney une fois dans ma vie, comme je te comprends !

De quel film voudrais-tu être la bande originale ?

Un road movie, certainement !

Quel est ton rapport à la scène ? 

La scène c’est l’imprévu, c’est jamais pareil malgré toute la préparation du monde et j’adore ça. Ca me permet de rencontrer le public sans tricher, d’être accepté comme je suis pour ce que je fais, avec honnêteté. Un concert c’est une des choses les plus intenses que je connaisse.

Quels sont tes projets à venir ? 

J’espère une belle tournée pour 2019 et pourquoi pas un album, les titres sont déjà en cours d’écriture.

JAHEN_OARSMAN © Fred_Margueron08.jpg
© Fred Margueron

Sur ces belles réponses, il ne nous reste plus qu’à aller le voir jouer “avec honnêteté” sur la scène de La Boule Noire le 23 octobre prochain à 19h30. On a hâte !

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