Zainab Fasiki, la féministe et bédéiste marocaine qui se bat contre les tabous !

Zainab Fasiki est une bédéiste et féministe marocaine qui se bat contre les tabous et pour l’empowerment des femmes au Magreb. Cette jeune artiste et étudiante en ingénierie de 24 ans utilise donc ses illustrations pour mettre la femme – et tout particulièrement son corps – en avant et dénoncer ce que la société lui fait subir au quotidien.

Comment fait-elle passer ce message ? En se dessinant elle et d’autres femmes nues, dans des situations qu’elles vivent tous les jours mais dont elles n’ont pas le droit de parler car c’est tabou. Dans cette société, autant se taire sur ce qui fait le malheur des femmes, c’est plus simple que de changer les choses, au final, n’est-ce pas ? Et bien Zainab Fasiki n’est pas d’accord. Et grâce à son art et ses femmes nues, elle dit “stop” au silence. Si tu ne parles pas, tu as au moins des yeux pour voir. Ses femmes ne sont donc pas nues pour être sexualisées, mais au contraire, pour se libérer de leurs tabous.

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Zainab est une femme géante qui protège sa ville contre les violeurs. Source : @zainab_fasiki / Instagram

Chaque dessin est une souffrance. La souffrance de femmes qui veulent être libres dans un pays qui ne leur permet pas. Elle précise également déjà avoir vu des femmes se faire toucher, si ce n’est violer devant elle. Il y a aussi des vidéos de viol qui circulent sur internet, notamment celui d’une femme violée dans un bus, en plein jour, acte qu’elle dénonce dans une de ses illustrations.

Sauf qu’au Maroc, toute conversation considérée comme “taboue” n’est pas très bien accueillie dans les familles et très vite abandonnée. Les gens considèrent ça comme “Hshouma”, soit “la honte”, de parler de ce genre de choses à voix haute. C’est donc suite à cette inhabilité des femmes de parler de ce qu’elles vivent au quotidien, que Zainab Fasiki a décidé de lancer le projet éducatif Hshouma. Projet qu’elle développe lors d’une résidence au centre culturel espagnol Matadero à Madrid, entre le 21 mai et le 28 juin 2018, avec le soutien du centre artistique de Marrakech, la communauté Queens Collective ainsi que le Matadero. Le site internet “Hshouma” est donc lancé le 26 juin 2018. En tout anonymat, les visiteurs du site peuvent donc découvrir des femmes dessinées uniquement en noir et blanc avec des poils sous les bras, les fesses ridées, mais surtout, des femmes sans yeux. Comme si, le regard dans le vide, elles subissaient sans rien dire.

Mais Zainab ne s’arrête pas là, étant donné qu’entre le 3 et le 6 octobre dernier, elle a présenté sa nouvelle BD, Feyrouz versus the world (Feyrouz contre le reste du monde) lors du Festival International de la bande-dessinée d’Alger. Mais cette fois, au lieu de parler des tabous dont souffrent les femmes marocaines, elle s’est concentrée sur leur incapacité à voyager aussi librement que les hommes.

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Feyrouz versus the world aux éditions libanaises ToshFesh. Source : toshfesh.com

Le 9 novembre, elle a également inauguré son exposition “Hshouma” au Cube, à Rabat, disponible jusqu’au 7 décembre, de 14h à 17h. Alors si tu peux, tu y cours, tu y voles, tu cliques sur le site internet, tu bouquines, mais tu fais marcher ta vue, pour pouvoir délier ta langue. Comme ça, fini l’Hshouma de parler des violences que tu vis au quotidien et à la place, porte-les, assume-les et dénonce-les.

Zainab, une artiste hors du commun !

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